Intitulés des cours pour l'année 2011-12

Publié le par phenomenologica

1ersemestre – [G10] Master 1 :

« Le langage incarné »

Notre conception du langage reste tributaire d’une tradition idéaliste et formaliste qui tend à isoler l’expression et la signification par rapport à la perception et à l’action. Ce qui fait que l’expérience habituelle de la transition par laquelle nous passons continuellement du sentir au faire et au discours sur ce que nous faisons ou ressentons n’est jusqu’à présent ressaisie par aucune des disciplines existantes. Mais cette situation de clivage épistémologique semble devoir être bientôt dépassée. Opérant la jonction entre l’étude du langage et l’étude des mécanismes cognitifs du cerveau, le développement d’une nouvelle neuroscience du langage nous contraint de réviser la conception traditionnelle. De la perception et de l’action à l’expression verbale, l’apparente rupture va devoir faire place à une plus fondamentale continuité qui est celle des fonctions de l’être humain. L’établissement de cette continuité au plan des mécanismes fonctionnels sous-jacents restitue une évidente actualité à un thème favori de la phénoménologie : l’unité d’une expérience sensée, laquelle, muette encore dans la perception et le geste, tend naturellement à s’élever au plan de l’expression et du jugement.

Bibliographie :

N. Chomsky, Rules and Representations, Columbia UP, 1980.

E. Husserl, Erfahrung und Urteil, Felix Meiner Verlag, 1999.

M. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Gallimard, 1945.

F. Pulvermüller, The Neuroscience of Language, Cambridge UP, 2002.

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1ersemestre – [E10] Licence 3 : Philosophie Générale :

« Qu’est-ce qui nous fait agir ? »

L’expérience quotidienne nous enseigne que l’agent humain, bien que capable de raisonner et de s’émouvoir, n’est ni un décideur parfaitement rationnel quand il délibère, ni l’impuissante victime de ses impulsions quand il y cède. Cependant, la psychologie et les sciences cognitives semblent tiraillées entre une conception rationaliste qui fait de l’agent un calculateur froid et une conception empiriste qui ramène aux émotions élémentaires la motivation de l’action. En prenant pour guide les ébauches d’une phénoménologie de l’affectivité et de l’intersubjectivité tracées par les philosophes, et en nous instruisant aux recherches contemporaines sur les fondements neurophysiologiques de la motivation, nous travaillerons à affiner notre sens de l’ambivalence des conduites humaines.

Bibliographie :

A.     Berthoz, La décision, Odile Jacob, 2003.

A.     Damasio, L’erreur de Descartes, Odile Jacob, 1995.

E. Rolls, The Brain and Emotion, Oxford UP, 1999.

M. Scheler, Nature et formes de la sympathie (1913), Payot, 2003.

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2èmesemestre – [F27] Licence 3 : Philosophie allemande :

« La temporalité et ses fondements ontiques »

Une distinction traditionnelle oppose le temps physique, souvent identifié à l’avant – après de la causalité mécanique, et le temps vécu, qu’on interprète habituellement comme l’expérience intime du flux des états de conscience. L’évidence trompeuse de cette opposition tend à dissimuler le fait que l’organisme est à l’interface entre les chaînes causales des événements de l’environnement et les rythmes, diachronies et synchronies des activités cérébrales qui sous-tendent l’expérience subjective des mouvements, processus et événements, internes ou externes. Les nouvelles connaissances sur les bases cérébrales du temps vécu ne démentissent ni ne confirment la description phénoménologique de ce temps vécu. Mais elles nous obligent à reprendre cette description en ne nous contentant pas de la perception consciente des durées d’événements ou objets temporels, mais en remontant au dynamisme originaire de la chronogenèse dont dépend la constitution de ces événements ou objets temporels.

Bibliographie :

I. Kant, Kritik der reinen Vernunft (1781/1787), Suhrkamp, 1974.

M. Heidegger, Sein und Zeit (1927), Max Niemeyer Verlag, 2006.

E. Husserl, Zur Phänomenologie des inneren Zeitbewusstseins (1893-1917), Nijhoff 1966.

Die `Bernauer Manuskripte' über das Zeitbewußtsein (1917/18), Kluwer 2001.

Späte Texte über Zeitkonstitution (1929-1934), Springer 2006.

 

[F29] Licence 3 : Textes philosophiques allemands :

Etude de textes sur la temporalité : Kant, Dilthey, Husserl et Heidegger.  

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2èmesemestre – [H3] Master 2 :

« Y a-t-il une logique propre du vivant ? »

La moderne multiplication des modes d’approche méthodiques de la Nature conjuguée à l’accélération du progrès scientifique et technique tendent à nous faire apparaître la réalité naturelle comme étant d’une infinie complexité. Cette complexité étant rapportée à l’individu vivant considéré dans sa finitude, ses ressources limitées, son bref temps de vie, sa vulnérabilité devant les forces environnantes, etc., semble poser à l’action et plus directement à la simple survie de cet individu un insoluble problème. Or, il est manifeste que l’individu a des chances non négligeables de se maintenir dans un monde à la fois relativement stable et continuellement compatible avec un cours cohérent d’actions dans le laps de temps d’une vie. Et, quelle que soit la différence entre l’action individuelle et les interactions au sein d’une collectivité, ce qui est vrai de l’individu semble également vrai pour les sociétés. Nous réfléchirons à ce qui caractérise le vivant, en particulier l’être humain, comme singularité au sein de la Nature : n’y a-t-il pas quelque chose d’unique – relevant d’une logique propre – dans sa capacité de faire face aux conditions de la Nature (incluant celles de la Société ou de la Culture) tantôt en intériorisant les contraintes que cette Nature lui impose, tantôt en court-circuitant par d’ingénieux expédients les processus longs et compliqués idéalement requis pour y satisfaire ?

Bibliographie :

H. Bergson, L’évolution créatrice (1907) PUF, 1959.

A.     Berthoz, La simplexité, Odile Jacob, 2009.

C.     Cherniak, Minimal Rationality, The MIT Press, 1986.

J. Fodor, The Modularity of Mind, The MIT Press, 1983.

 

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